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Des animaux qui parlent…
19 octobre, 2010, 22:23
Classé dans : livres

Quelques points de vue :

Dans la pédagogie Montessori (n’hésitez pas à corriger ou compléter car je n’ai sans doute pas saisi toutes les subtilités de ce pont de vue), il est préférable que les personnages de livres pour enfants ne soient pas des animaux habillés et/ou qui parlent car … ça n’existe pas… Avant 6 ans, la distinction entre le réel et l’imaginaire est floue et l’enfant a besoin de bien comprendre ce qui existe véritablement : plus sa perception du réel sera fine, plus sa capacité d’imagination sera grande plus tard. Un enfant qui vivrait trop dans l’imaginaire est considéré comme dévié, et ça n’est pas à nous, adultes, d’entretenir cet imaginaire ; au contraire, il est nécessaire de l’aider à faire la distinction avec ce qui est réel.

Dans son commentaire à la suite de l’article sur la censure, Gwen écrivait :
« Avant ça m’ennuyait aussi que des crocodiles, des petits lapins ou des créatures imaginées (style Tchoupi) se comportent comme des humains ou presque mais à partir de 2/3 ans, j’ai laissé passer (avec en parallèle des photos, des dessins réalistes d’animaux – mais bon, j’ai souvent des questions du type “maman, il est content le poulet quand il est dans le four ? Il a bien chaud ? Et est-ce que ça lui fait mal quand tu le coupe ?” et là, je me dis que de bien faire le distingo réél/imaginaire reste important !!!). »

A ce questionnement, Biber85 a souhaité répondre (dans l’un des commentaires non publiés sur le blog…) :
« Quand à Gwen qui est dérangée par les animaux humanisés, une souris ou un pingouin ont  le gros avantage que garçon ou fille, d’Europe, d’Asie ou d’Amérique, chaque enfant puisse s’y identifier, bien plus qu’à une charmante blondinette qui exclura les garçons, les enfants de peau mate, aux cheveux roux etc. c’est un choix bien réfléchi des auteurs et éditeurs jeunesses, professionnels de la petite enfance, ces bourreaux de l’innocence. »

Cela devrait répondre à Stéphanie qui demandait suite à ma mise au point :
« Aux auteurs qui ne seraient pas encore partis et qui tiennent tant au “réalisme” dans leurs oeuvres, voici une question de ma fille (4,5ans) et qui s’interroge depuis 2 bonnes années sur vos oeuvres : pourquoi dans les livres les animaux parlent-ils et portent des habits, rouge à lèvres etc alors qu’en vrai un chien aboie et est incapable de parler, un ours ne vit pas dans une maison et ne s’habille pas, etc. Des explications qui tiennent la route de votre part m’aideront grandement car je suis aussi irrécupérable que l’auteure de ce blog.
En parlant d’auteurs il y en a quelques-uns (peu malheureusement en France) de “qualité” ie sans violence et avec coeur et réalisme.Ne trouvant que rarement mon bonheur en France, j’achète de nombreux livres d’auteurs anglais que je traduis moi-même… »

Quant à moi, je me questionne…
Persuadée de l’importance de faire découvrir avant tout ce qui est réel, je pense que nous avons tendance à entraver l’imagination de l’enfant en lui proposant des modèles imaginaires sortis de nos cerveaux adultes…
Il faudrait que j’approfondisse le point de vue montessorien, ce qui me ferait peut être changer d’avis, mais je trouve ma Pomme pleine d’imagination et je n’arrive pas à y voir une déviation… Je ne cherche pas à aller contre (quand elle me lance un ballon invisible, je le rattrape) mais je ne suis pas à l’initiative du jeu.
Pour répondre à Biber85, je ne comprends pas comment un enfant pourrait s’identifier plus facilement à une souris ou à un pinguoin qui parle (par exemple) qu’à un enfant, qui bien qu’il soit différent de lui, partage au moins ce statut d’enfant!
Et parce que la plupart des livres les animaux parlent, je ne peux pas supprimer complètement tout ces ouvrages (je risquerai de passer pour un dangereux censure :D ) et je pense même que cela serait dommage, certains livres racontant des histoires magnifiques!



Do you speak english?

Parce que moi, pas bien du tout!
Et pour avoir vécu à l’étranger (dans un pays pourtant non anglophone), je saisis l’importance de la maitrise de cette langue.

J’ai donc fait de l’apprentissage de l’anglais un impératif pour les filles, même si j’ai hésité avec d’autres langues. En effet, une fois qu’on parle anglais, les autres langues paraissent moins… enfin comment dire… on s’en satisfait…
Apprendre le breton, l’allemand ou le créole est pourtant très enrichissant, tant culturellement que sur l’aspect développemental.
Mais c’est avec le chinois que la balance a eu le plus de mal à pencher!

Le bilinguisme, ou tri- même, est une donnée que je connaissais mal et que j’ai eu la chance de découvrir mieux lors de ces deux années loin de la France.
J’ai pu observer les progrès quotidiens des enfants en anglais lors de leur première année dans une classe bilingue franco-anglaise. Et donnant des cours de français ou de remédiation scolaire dans des familles là-bas, j’ai découvert avec émerveillement que tous ces enfants ou presque maitrisaient deux langues ou plus.
Une maman allemande, mariée à un français, scolarisait ses filles dans une école américaine. Elle m’avait contactée pour donner des cours de français écrit à ses ainées et apprendre à lire en français à sa plus jeune fille de 6 ans. Les filles maitrisaient à la perfection ces trois langues à l’oral, sans aucune confusion, communiquant entre elles essentiellement en anglais, sauf lorsque j’organisais des activités de « groupe » où nécessairement, elles communiquaient en français.
Elles avaient un vocabulaire riche et précis, bien que le français soit la langue dans laquelle elles étaient le moins à l’aise!!!
Elles le lisaient avec hésitation, notamment pour les « ent » de fin de verbes et l’écrivaient en phonétique…
A ma question : »dans quelle langue pensez-vous dans votre tête? », la réponse, hésitante, fut finalement l’anglais. Même si l’allemand ou le français pouvaient leur venir parfois, selon les situations…
Tout cela leur était naturel, elles avaient appris ces langues sans aucune contrainte, de la même manière que l’enfant apprend sa langue maternelle. Le contexte particulier de cette famille m’avait fascinée.

Les langues, quelles qu’elles soient, sont la faiblesse de notre projet d’instruction en famille.
Déjà parce qu’avec mon niveau, les filles n’iraient pas loin! Mais même si je parlais anglais correctement (ou couramment, rêvons un peu!), il est plus cohérent que chaque langue ait des référents distincts et idéalement, que ce soit leur langue maternelle.

A l’âge des filles, être confrontées à une langue étrangère  n’est pas aussi déstabilisant que pour un adulte. Les enfants petits se prêtent au jeu, entrent plus facilement en communication.
L’enfant exposé à une langue étrangère pendant sa période sensible au langage l’apprendra beaucoup plus facilement.
De plus, le bébé tout petit est capable de produire TOUS les phonèmes existants. Les premiers sons produits par les bébés sont les mêmes dans tous les pays. Petit à petit, non exposé à certains phonèmes, l’enfant les oublie quand il maitrise de mieux en mieux ceux de sa propre langue. Et adulte, il est des sons que nous n’avons plus la capacité de produire. Pour ma part, je suis bien en peine de rouler des « R » en espagnol!
Bref, pour parler facilement, naturellement et sans accent une langue étrangère, le mieux est d’y être exposé dès le plus jeune âge.

C’est donc un bain de langage en anglais (bien limité) que je propose à mes filles, et surtout à Pomme.
Dans la voiture (soit une fois par semaine!), Pomme réclame systématiquement le cd de comptines en anglais.
Les rares dessins animés sont en anglais. Une à 2 fois par semaine. Lys apprécie beaucoup aussi, et malgré son jeune âge, je la laisse regarder également.
Mais l’anglais étant avant tout une langue, donc un outil de communication, il était indispensable que je trouve une personne pouvant venir communiquer en anglais!
Depuis peu, une jeune fille vient jouer pendant une heure (par semaine) avec Pomme.
Le but n’est pas d’en faire une enfant bilingue! Il n’y a donc aucune pression, aucune obligation de résultat. Ma seule demande : que ma Pomme timide passe un bon moment!
Bien que nous soyons encore en rodage, j’ai l’impression d’avoir trouvé la perle que je cherchais : une jeune fille connaissant bien les enfants et soucieuse de bien faire. Tellement, que j’ai du ce matin lui demander de prévoir d’en faire moins, c’était trop pour ma Pomme!
Concrètement, elle lui lit des histoires (l’incontournable Spot, des livres trouvés à la bibliothèque de mon quartier – et qui ne sortent jamais, regrettait la bibliothécaire !-, par la suite elle pourra utiliser « From Head to Toe« , véritable mine d’or!), joue avec les fruits et légumes en plastique, les puzzles, les playmobils, etc.
Ce matin, elle a surtout insisté sur les couleurs et nous avons convenu que je préparerais de la peinture pour la prochaine fois. Elles pourront aussi cuisiner ensemble et pourquoi pas faire des courses, habiller les poupées ou jouer à la dinette. Bref, rien de plus que ce que je fais régulièrement avec ma fille…si ce n’est l’anglais…

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Censurer les livres pour enfants ?
17 septembre, 2010, 21:32
Classé dans : 2-3 ans,3-5 ans,livres,Regard sur la societe

Très souvent, trop souvent, au beau milieu d’un livre pour enfant d’apparence anodine, je tombe nez à nez avec un dessin, une phrase, qui heurte ma sensibilité d’adulte. Parfois, c’est l’histoire entière qui me laisse un sentiment de malaise.
Cela me met même parfois hors de moi.
Bien sur, sur le moment, je me contiens et ne laisse rien paraître ; mais j’ai du mal à « lâcher l’affaire » véritablement, à « passer à autre chose » comme me le demande patiemment mon mari…

Mais qu’ont en tête certains auteurs jeunesse?
Ou alors suis-je moi même une réac-ringarde-décalée qui a besoin de sacrément dépoussiérer ses méninges?

Bon, quand c’est Juliette qui joue avec son chat, lui fait bouffer des corn flakes, le fait danser, lui cours après quand il se sauve, je lis chaque page, et j’explique à Pomme en quoi Juliette n’est pas gentille avec son chat (qu’elle a reçu à son anniversaire… sans commentaire) et pourquoi il faut respecter les animaux.
Quand c’est Petit Ours Brun qui donne une sacrée fessée à sa poupée en lui disant « Méchante Poupée » car elle refuse de manger sa soupe, je dis qu’il ne faut pas taper, et je tourne vite la page… Je range définitivement le livre hors de portée. L’image reste pourtant gravée en moi. Marquante.
Il m’arrive aussi de changer le texte plutôt que de le lire tel quel et j’ai pu constater que mon mari avait modifié des mots en mettant du blanc et en réécrivant : il ne supporte pas l’utilisation abusive du « j’adore » que l’on trouve absolument partout!

Ce qui me marque aussi beaucoup, c’est la vulgarité.
Déjà omniprésente dans les livres des plus grands (elle garantie même le succès de Titeuf), elle fait son apparition dans les ouvrages destinés aux plus petits. J’ai pu en faire le constat hier à la bibliothèque lorsque, en lisant un livre à Pomme, je suis tombée sur cette page :
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Recherche faite en rentrant sur ledit livre, il est conseillé par l’éducation nationale… Formidable. Il n’y a plus qu’à dire Amen, alors?
Sur la même page, un style « texto », lui aussi très utilisé… Désastreux.

Mais je crois qu’il n’y a plus de limite dans la littérature enfantine. Qu’on peut tout dire, tout écrire.
Je l’ai compris il y a bien longtemps, en lisant un livre issu de la bibliothèque de la classe à un élève de moyenne section de maternelle (4 ans).
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Le texte, plus violent encore que l’image, utilisait les termes « trucidaient », » égorgeaient », « exécutaient », etc.

Alors maintenant, chers lecteurs, laissez-moi un commentaire pour me le dire, que j’ai tort de m’inquiéter!
Pour me le dire, que j’en fais trop! Que je dois évoluer!
Rassurez-moi en me disant que tout va bien et que je n’ai pas besoin de préserver mes filles de tout ça…
S’il vous-plait !



Le conflit – La femme et la mère
27 août, 2010, 22:27
Classé dans : livres,Regard sur la societe

Afin de pouvoir me faire ma propre idée après le débat qui a fait sa publicité, j’ai emprunté ce livre à la bibliothèque.
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Déjà, le titre m’a agacée.
Etonnante dichotomie (que l’on retrouve à plusieurs reprises dans le livre) qui laisse penser que pour Badinter, être mère n’est pas être femme.
Vu le contenu du livre, il aurait été plus juste de l’intituler : « Le conflit de la femme : choisir ou non la maternité ».

Je me suis malgré tout plongée dans sa lecture.
Et là, quelle surprise. J’ai eu l’impression de lire … du vide…
Je m’attendais à quelque chose de nettement plus intellectuel vu le tapage médiatique fait autour.

Badinter commence par dresser un état des lieux de la maternité, à coup de statistiques sur l’évolution du nombre d’enfants, de sondages sur les raisons de faire des enfants, de ce qu’apporte un enfant, parlant de l’augmentation du nombre de personnes qui décident de ne pas avoir d’enfant, etc. Pas grand chose de passionnant. Mais bon, ça se laisse lire.

Puis vient la plus grosse partie de son livre, consacrée à décrire « l’offensive naturaliste » dont elle parle presque comme d’un complot visant à renvoyer les femmes à la maison.
En prennent pour leur grade, entre autres, les défenseurs de l’allaitement, et principalement la leche league qui a réussi à infiltrer les plus nobles institutions pour imposer l’allaitement…
Et là, je décroche, j’ai l’impression que Madame Badinter et moi ne vivons pas dans la même réalité…
Dans mon entourage cohabitent allaitantes et biberonnantes. Les biberonnantes sont de deux sortes : celles qui l’ont choisi et celles qui l’ont subi suite à de mauvais conseils, à une reprise professionnelle, à des « bobos d’allaitement » qui les ont découragées.
Mais il n’y a qu’une sorte d’allaitantes. Des allaitantes qui l’ont choisi. Et qui assument. Et qui sont heureuses d’avoir pu trouver du soutien auprès d’association d’entraide (car il faut le dire, la génération de nos mères est rarement qualifiée pour nous soutenir!).
La Leche League ne doit pas son expansion à une stratégie remarquable (p.102) mais à une réelle demande de la part des mères qui ont besoin de soutien et de conseils afin de réussir leur allaitement. (LLL n’est pas restée sans réaction à ses propos. )
Rejettant l’idée d’un lien d’attachement naturel à l’enfant (j’imagine qu’elle parle là de ce sentiment d’amour qui m’a envahit lorsqu’on a posé ma fille ainée, toute gluante et grisâtre, au crâne déformé sur moi? cette impression de l’aimer d’un amour immense sans même la connaitre? enfin visiblement elle parle de quelque chose comme ça mais sans trop savoir puisqu’elle n’y croit elle même pas…), elle dénigre allaitement, cododo, et compagnie, regrettant l’époque des années 70 « où l’on pouvait vivre sa grossesse dans l’insouciance et la légéreté » (p 101) – entendre par là qu’elle regrette qu’on conseille désormais aux femmes de ne pas boire d’alcool… (p 99)…
Allez, trouvons du positif : vous trouverez dans ce chapitre d’excellents conseils pour réussir l’allaitement ainsi que la liste des hôpitaux ayant le label « ami des bébés » (même si depuis, cette liste a évolué).
Après avoir livré des statistiques à n’en plus finir sur l’évolution de l’allaitement en Europe, elle tire une conclusion qui m’a semblé venir de nulle part ; je cite : « L’injonction sous-jacente de la nouvelle idéologie dominante est « Mères, vous leur devez tout! »" (p. 143).
Viennent ensuite quelques pages sur l’imperium des bébés, où Edwige Antier (que je remercie au passage pour 1000 autres raisons) en prend à son tour pour son grade. Comme si le livre était surtout une attaque contre quelques acteurs de cette « offensive naturaliste ».

Dans la troisième partie, elle parle (enfin) des femmes qui trouvent un épanouissement dans la vocation maternelle. Sur 2 pages (176-178). Badinter les (nous) évoque dans des propos caricaturaux, ajoutant « Ces mères là existent, mais il n’est pas sûr qu’elles soient légion ». Elle a sans doute oublier le début de son livre dans lequel elle rapportait des statistiques : les  « Home-centred » représentaient 20% (variation jusqu’à 30%) des femmes. (P 38). Elle ajoute un questionnement « Combien de femmes rentrées à la maison pour élever un enfant s’aperçoivent qu’elles se sont trompées? »(p. 178) mais jamais elle ne se pose la question du contraire, de celles qui ont repris le travail à contre coeur et qui souffrent de devoir se séparer de leur bébé. Le plus curieux est qu’elle cite régulièrement en référence de ces maternantes le roman caricatural et orienté de Eliette Abécassis, « Un heureux événement », comme s’il s’agissait d’une vérité absolue sur les mères de familles. Un livre comme « Oser être mère au foyer« , de  Marie-Pascale Delplancq-Nobécourt aurait probablement était plus à même de lui faire comprendre ce que sont vraiment ces 2,5 millions de femmes en France.
Après ces deux petites pages, elle propose en conclusion deux chapitres : la grève des ventres (ou le choix de ne pas avoir d’enfants) et le cas des françaises qui continuent à faire des enfants grâce au choix qu’elles ont de pouvoir les faire garder.

Donc voilà, sans surprise, je vous déconseille la lecture de ce livre, écrit par une femme qui n’a pas allaité, pas pratiqué le co-dodo, pas ressenti ce lien d’attachement, mais qui en parle comme si elle savait de quoi il s’agissait, sous un emballage qui n’est ni véritablement philosophique (ou alors je suis passée à côté?), ni véritablement sociologique.

Je vous conseille plutôt celui ci :
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Nettement plus instructif, plaisant et objectif, décrivant le rôle essentiel qu’ont les mères qui s’arrêtent de travailler pour élever leurs enfants. Bien que, n’en déplaise à Badinter, ce choix ne soit pas dans l’air du temps!


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