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J’exige l’obéissance
29 septembre, 2010, 16:43
Classé dans : 18-24 mois,2-3 ans,3-5 ans,Regard sur la societe

Lorsque je rencontre d’autres mamans soucieuses d’éduquer leurs enfants sans violence, il est un thème que j’évite, car en l’abordant, j’ai l’impression de prononcer un gros mot.

L’obéissance.

Et pour cause.
Souvent, l’obéissance est considérée comme un synonyme de soumission.
Les adeptes des pédagogies non-violentes préfèrent en général privilégier la piste de la coopération. On n’impose pas, on attend que l’enfant, de lui-même, accepte et agisse. Pour cela, il est nécessaire d’expliquer. Et de laisser le libre-arbitre de l’enfant décider. Cela peut durer longtemps, mais qu’importe. On discute, on explique, on parlemente. Et si l’enfant persiste à refuser, on ne le force pas. Il est dans son droit. Pas question de lui imposer quoi que ce soit…
Ou alors, on tolère l’obéissance à des règles fixées par l’enfant (ou le groupe d’enfant) lui même.

Pour moi, l’obéissance n’est ni une faiblesse, ni une entrave au libre-arbitre. C’est une vertu. Et une condition nécessaire au bon fonctionnement et à l’épanouissement de tous dans une famille nombreuse.
Elle est à mon sens synonyme de confiance.
Et l’enfant a naturellement confiance en ses parents pour le guider. A nous, parents, de ne pas briser cette confiance en n’exigeant pas de choses qui aillent à l’encontre du bienfait de l’enfant!
L’obéissance est donc davantage exigeante pour celui qui détient l’autorité car celle-ci doit être utilisée à bon escient. Et sans autoritarisme.

J’aime ces paroles du Roi qui parle au Petit Prince :
« - Si j’ordonnais à un général de voler d’une fleur à l’autre à la façon d’un papillon, ou d’écrire une tragédie, ou de se changer en oiseau de mer, et si le général n’exécutait pas l’ordre reçu, qui, de lui ou de moi, serait dans son tort ?
- Ce serait vous, dit fermement le petit prince.
- Exact. Il faut exiger de chacun ce que chacun peut donner, reprit le roi. L’autorité repose d’abord sur la raison. Si tu ordonnes à ton peuple d’aller se jeter à la mer, il fera la révolution. J’ai le droit d’exiger l’obéissance parce que mes ordres sont raisonnables. »

Voilà donc ce qui me guide.
En théorie.

Mais je suis bien mal placée pour donner des conseils pratiques. Mes filles sont encore petites, je n’ai pas traversé de crises d’adolescence, je n’ai même pour le moment rencontré aucune vraie difficulté à me faire obéir! J’ai sans doute des filles très faciles…

Bon, rassurez vous, elles dorment mal la nuit, mangent peu. Pomme est épuisante d’imagination et d’énergie. Lys fait dent sur dent et mon « bébé sourire » est en ce moment d’une humeur massacrante! Bref, elles sont normales!
Et pourtant, les limites sont posées sans aucune difficulté…

En pratique, j’essaye d’appliquer les principes suivants :
-cohérence : ne pas tolérer de temps en temps une attitude et la réprimer dans d’autres situations ; ne pas contredire ce que le papa a dit quelques instants auparavant.
-affirmer mon autorité : ne pas me retrancher derrière l’absent : « Si tu ne fais pas ça, j’appelle ton père » ou « Papa va être fâché quand je vais lui dire » ; non, c’est bien à moi qu’elles doivent obéir.
-ne jamais utiliser les sentiments ou émotions : « je serai fachée/triste/déçue si tu n’écoutes pas », ne pas jouer sur la peur ou sur la culpabilité.
-éviter le chantage (et c’est tellement tentant!)
-ne pas hausser le ton. Fermement de veut pas dire en criant.
-ne pas entrer systématiquement dans la négociation : « On éteint les dessins animés! – Encore un peu… – Bon, encore un épisode… »
-prévenir avant/anticiper :  « tu peux encore faire une fois du toboggan et ensuite nous rentrons à la maison »ou pour reprendre l’exemple précédent : « Tu peux regarder encore un épisode et ensuite, on éteint »
-ne pas exiger l’obéissance trop souvent : la plupart du temps, les filles choisissent leurs activités, peuvent toucher à ce qui est à leur portée (à 2 ou 3 exeptions près), découvrent librement leur environnement. Les « non » sont rares et les ordres ciblés.

Et quand Pomme refuse ma demande, je lui explique qu’elle n’a pas le choix, tout en essayant toujours de comprendre ce qui peut motiver son refus.
Ca donne ça :
« -Pomme, mets tes chaussures on s’en va.
-Non!
-Je ne te demande pas ton avis, je te demande de mettre tes chaussures. » Et si nécessaire, je redis où nous allons, sans évoquer le fait qu’on va être en retard ou que telle personne va nous attendre si elle ne se dépêche pas.
Pour le moment (croisons les doigts), ça lui suffit…


3 commentaires
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  1. Marie

    Merci pour ce message très pratique et très clair. Il est important d’éviter toute manipulation lorsque l’on invite l’enfant à se conformer à l’une de nos demandes.

  2. Nirvana

    Pour ma part, je privilégie pourtant la coopération.
    S’il me demande « encore un dessin animé » lorsque je lui demande d’éteindre, j’accepte. D’ailleurs j’anticipe sa demande, et je ne lui demande pas, dès que possible, d’obéir ds l’urgence.
    Comme tu le dis, l’obéissance repose sur la confiance. Je souhaite que mon fils comprenne pourquoi je lui demande quelque chose.
    Bien sur, il y a des choses non négociables (sur l parking du supermarché on donne la main, un point c’est tout!), mais tres peu.
    Quand quelques fois il refuse d’obéir, j’explique le pourquoi de ma demande (si, tu vas m’aider a mettre la table parceue tt le monde mange dc c’est normal que tt le monde aide)

    Expliquer pourquoi nous permet aussi a nous de nous poser des questions. Je me rends compte que quelques fois je cherche a me faire obéir par reflexe, ou que ma demande d’obéissance n’est pas nécessaire.

    Comme tu en parles au début de ton billet, je n’aime pas le terme d’obéissance, il me renvoie une connotation négative, une application aveugle des choses.
    Mais sinon je retrouve beaucoup de mes idées ds ce que tu écris!

  3. Alia

    Bonjour,
    Merci pour ce billet!
    Je comprends tout à fait ce dont vous parlez, le fait d’éviter de parler de la question avec d’autres parents qui adoptent un mode d’éducation dite « non-violente ». On se retrouve devant des propos comme ceux du 2ème commentaire, avec le postulat de départ que l’obéissance emporte en soi une connotation négative…
    J’ai le même souci avec la notion de limite. Beaucoup d’adeptes de l’éducation non violente partent du principe que les limites sont négatives en soi…Je ne partage pas ce point de vue, même si, dans manière d’éduquer: les « non » sont rares.



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